Ensemble on est plus forts

SETCa Liège > News > Boumatic : les cowboys de la procédure Renault

 

le SETCa Liège a publié le jeudi 19 mars un communiqué de presse sur la situation chez Boumatic. Vous pouvez lire celui-ci ci-dessous ou le télécharger

 

Boumatic: les cowboys de la procédure Renault

 

Depuis plusieurs mois maintenant, on sait que le site de l’entreprise Boumatic, spécialisée dans la fabrication de machines à traire à Remicourt est menacée de fermeture par son unique actionnaire américain. Après plusieurs péripéties l’annonce d’une importante restructuration a été faite mi-février 2014. Cette restructuration concerne 33 ouvriers et 1 employé.

« Conformément aux lois en vigueur en Belgique, et qui semblent parfois perturber les directions américaines habituées à la jungle économique et sociale comme nous avons déjà pu en faire l’expérience dans d’autres sociétés, une procédure liée à la Loi Renault a été mise en place le 18 février » précise Patrick Masson, Secrétaire Permanent du SETCa-Liège. Pour rappel la Loi Renault prévoit la possibilité pour les organisations syndicales de poser une série de questions à la direction et ainsi d’éventuellement démontrer que les sites sont rentables. En dehors de cette procédure, c’est aussi le sort des 4 ouvriers et des 30 employés qui restent qui nous préoccupe.

« Nous constatons en effet depuis début mars que sous couvert de la phase d’intention de la procédure Renault, la direction fait preuve de malhonnêteté intellectuelle et avons la conviction qu’elle prépare dans les faits la mort du site de Remicourt, notamment en détournant des commandes ou des produits semi-finis vers d’autres entités du groupe situées au Danemark et aux Pays-Bas. » explique Patrick Masson tout en reconnaissant que c’est malheureusement souvent le cas. « Mais la particularité de ce dossier est la manière dont la direction met la pression sur le personnel employé restant en les obligeant à participer au pillage des caisses de l’entreprise par des mouvements de facturation entre sites. Plus grave, le personnel subit ce que nous qualifions clairement de harcèlement moral – nous avons d’ailleurs écrit un courrier à ce sujet à la direction – en obligeant, par exemple, certains employés à se rendre à plusieurs reprises à Emmerloord aux Pays-Bas, soit plus de 300 km de Remicourt, pour des réunions qui s’apparentent fortement à un passage de savoir vers des personnes nouvellement engagées et qui seront clairement amenées à les remplacer. Des personnes qu’on laisse dans l’incertitude de leur avenir ont donc bien compris qu’elles étaient obligées de former des gens qui demain permettront de les licencier. C’est totalement inhumain ! ».

Le SETCa Liège dénonce l’utilisation de la période de négociation prévue dans la Loi Renault par la direction de Boumatic pour exercer un véritable harcèlement moral sur les employés toujours sous contrat.