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SETCa Liège > News > CHC : de l'instrumentalisation d'un fait dramatique dans un but politique

Vous trouverez ci-dessous le mail envoyé aux délégués du SETCa ce jeudi 22 octobre.

 

Camarades,

Un décès est toujours une souffrance pour la famille et les proches, comme tout décès. Et l’on ne peut rester insensible à cette triste réalité.

 

La meilleure défense, c’est l’attaque dit l’adage. Nos adversaires l’ont bien compris qui utilisent tous les arguments, même les plus nauséabonds, pour essayer de discréditer le mouvement syndical et ainsi détruire un contre-pouvoir essentiel en démocratie.

 

Depuis hier les médias, dont les propriétaires sont les bénéficiaires des mesures antisociales du gouvernement, montent en épingle un fait divers tragique : le décès d’une patiente au CHC d’Hermalle.

Face à ce déferlement médiatique, vous êtes peut-être désemparés et interpellés par des affiliés ou des connaissances.

 

Vous trouverez ci-dessous des éléments d’argumentation, certains repris d’un réel travail journalistique, pour faire réfléchir les gens.

 

Le CHC (et non le chirurgien concerné), qui a porté plainte contre X pour homicide involontaire, est justement l’hôpital commanditaire du chantier du Mont Légia où ce lundi on a découvert des travailleurs indiens vivant dans des containers. De manière fort opportune l’attention médiatique et les « investigations » journalistiques ont été détournées.

 

Si on ne peut nier le fait que l’action syndicale a entrainé des bouchons importants, toute personne qui connaît un peu le viaduc de Cheratte sait que cela fait un an que les bouchons importants y sont réguliers et souvent imprévisibles. En décembre 2014, la ville de Liège avait ainsi été totalement à l’arrêt pendant plus de deux heures à cause du chantier. Un calcul de l’itinéraire annonce 28 min. au plus rapide. Et si l’autoroute était bloquée, notons que les quais le long de la Meuse ne l’étaient pas et constituaient ce lundi un parcours alternatif tout à fait praticable.

 

Dans la presse aujourd’hui l'hôpital "ne dit pas qu'il y a un lien de cause à effet" entre le blocage et la mort de la patiente et reconnait via son porte-parole dans la presse flamande qu’elle veut « ouvrir un débat sur les limites du droit de grève ». La plainte semble donc plus à but politique.

 

4° Le CHC (centre hospitalier chrétien, le qualificatif est ici important) avait refusé d’établir un service minimum, considérant que le fait que la CSC n’était pas en grève avait pour conséquence que les perturbations seraient très limitées. Le défaut de prévoyance dans l’organisation peut donc très clairement être interrogé. La jurisprudence française est d’ailleurs assez claire sur le sujet (voir document joint). Le X pourrait donc ne pas être celui qu’ont désigné si rapidement les chiens de garde du système, éditorialiste du Soir en tête.

 

De manière plus générale,   

 

Les coupes drastiques dans le financement des soins de santé de ces dernières années rend la situation de plus en plus tendue, poussent les différents acteurs à chercher à faire des économies constantes dans un univers de plus en plus concurrentiel. Combien de décès dus à ce sous-financement et à ses économies décidées par le politique ? Et ce n’est certainement pas les politiques d’austérité, contre lesquelles nous étions justement en grève ce lundi, qui vont améliorer les choses. Que du contraire. Combien de morts dus au fait que les gens ne savent plus payer une consultation ou leurs médicaments ?

 

Combien de SDF décèdent chaque année au nom du « droit à la propriété privée » qui empêche de saisir et d’occuper des bâtiments abandonnés pour cause de spéculation immobilière ? ou parce que les sociétés de logement public sous-financées n’arrivent plus à offrir un toit à tout qui vit en Belgique ? Combien de migrants meurent aux frontières de l’Europe, ou même en son sein, alors que l’on nous ressasse la « liberté de circuler » ? Et combien de travailleurs privés d’emploi mis sous pression par des mesures iniques (contrôle de la disponibilité, dégressivité des allocations…) qui sont poussés au désespoir ? Combien de jeunes laissés sans espoir sur leur futur ? Et ce malgré un soi-disant « droit au travail ? »

 

Enfin, pourquoi les médias ne font-ils pas autant de foin à chaque décès d’un travailleur dans un accident de travail ou suite à une maladie professionnelle, à chaque suicide du à un Burn-out ? La violence, plurielle dans ses formes souvent plus insidieuses et moins visibles qu’un feu de palette, subie par les travailleurs au quotidien sur leur lieu de travail cause combien de morts chaque année ? Combien de patrons condamnés, ou même simplement accusés, pour homicide ? Les exemples et les cas pourraient remplir les pages des journaux et les JT des jours durant. Mais on préfère parler d’autre chose pour masquer la réalité.

 

Sur ce qu’est la violence, nous vous invitons à visionner ce reportage La violence des riches de l’émission Regards : https://www.youtube.com/watch?v=Ys3cjJlTcDE

 

Camarades,

Instrumentaliser ce fait divers pour tenter de détruire l’organisation syndicale est digne de méthodes que nous pensions appartenir à des pages noires de notre histoire.

 

Fraternellement,

Pour Égidio Di Panfilo

Secrétaire Général