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Le communiqué du SETCa-Liège suite au décès de Michel Daerden (voir ici) a été repris sur plusieurs sites d'informations en ligne, dont celui de RTL, de RTC, de La Libre et de L'Avenir.

Et dans un texte paru ce mardi 7 août dans De Morgen dont vous pourrez lire ci-dessous la traduction intégrale.

 

OPINION – De Morgen ,07/08/12,

Michel Daerden enterre avec lui 'un certain socialisme', affirme Alain Gerlache, de la RTBF.

 

Au sein de la fédération liégeoise du PS, aucun dirigeant ne peut recourir au style des années dorées du mouvement ouvrier liégeois

 

Indépendamment de certains excès, propres à un personnage qui était devenu une vedette médiatique mais qui ne correspondaient pas toujours avec les valeurs socialistes que nous défendons, le SETCa-Liège souligne que ce fils d’ouvrier est toujours resté fidèle à ses origines. La section liégeoise du Setca a utilisé un langage cérémonieux mais clair dans son  communiqué


L’hommage reflète manifestement tant les contradictions que l’engagement socialiste sincère de Michel Daerden. L’homme qui a du se défaire de sa voiture de sport lorsqu’il est entré en politique, pour ne plus être nommé le socialiste à la Porsche a toujours appliqué le même principe : « n’oublie jamais d’où tu viens « ".

Michel Daerden a commencé sa carrière politique dans le sillage d’André Cools. Jusqu’à son assassinat, concocté dans les cercles les plus sombres du socialisme liégeois, Cools fut le fougueux et  populaire des socialistes liégeois. Le Maître de Flémalle est devenu dans les années 70 et 80 vice-premier Ministre, président du PS, ministre wallon tout en gardant le lien avec la classe ouvrière de laquelle il émanait.

Des barons et des clans
Michel Daerden, lui-même baptisé le Roi d’Ans, cultivait également cette symbiose naturelle avec les ouvriers liégeois et le monde populaire. Ce qui lui a permis de survivre à toutes les polémiques médiatiques et à toutes les tempêtes politiques. Du moins jusqu’il y a quelques mois de cela lorsqu’il a été mis sur la touche en tant que bourgmestre par son fils spirituel (Stéphane Moreau, ndlr) et qu’il ne pouvait plus être ministre. Il était donc déjà mort politiquement. Il espérait bien évidemment prendre sa revanche lors des élections communales. Cela ne sera pas le cas.

Indépendamment du décès d’une personne, c’est aussi la fin du socialisme de Papa, dans tous les sens de l’expression, un mélange de paternalisme, de pragmatisme et d’un lien affectif avec les ouvriers , où la tape sur l’épaule du camarade au comptoir de la Maison du Peuple était plus importante que des discours destructeurs sur le rôle de la Commission européenne  dans la crise de l’Euro

Même au sein de la fédération liégeoise du PS  où la tentative visant à maintenir un semblant d’unité risque de déboucher sur une nouvelle guerre des barons et des clans, dirigeant ne peut recourir au style des années dorées du mouvement ouvrier liégeois. Ce temps est révolu, comme celui de la sidérurgie liégeoise qui s’éteint.

Nouvelle définition
Nous voyons la même évolution ailleurs en Wallonie. Les ténors traditionnels du socialisme ont cédé la place à une nouvelle génération d’intellectuels, parfaitement symbolisée par l’étoile montante Paul Magnette – qui s’attelle principalement à chercher une nouvelle définition de la gauche à l’ère de la mondialisation. A Bruxelles, les nouveaux militants urbains et les volontaires branchés doivent faire face aux problèmes de la ville multiculturelle du 21ème siècle qui n’ont rien à voir avec l’enjeu des grèves de 1960.

Aujourd’hui un  seul homme peut rassembler les divers courants au sein du PS: Elio Di Rupo. Par ses origines pauvres, son accession sociale et son aptitude à combiner tradition et transgression- un talent dont il a fait preuve pendant toute sa carrière- il représente un demi-siècle de changements au sein du Parti Socialiste.

L’homme ou la femme qui lui succédera rencontrera encore plus de difficultés  à tenir ce rôle de conciliateur.