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Vous pouvez découvrir ci-dessous le long communiqué envoyé le lundi 10 septembre. Vous pouvez également le télécharger en PDF 

 

ORW :  Faudra-t-il une nouvelle action des travailleurs lors de l’inauguration ?

 

Liège, le 10 septembre 2012

 

 

À la veille d’une rencontre avec Willy Demeyer, bourgmestre de Liège et président du CA de l’Opéra Royal de Wallonie, la Délégation syndicale SETCa de l'ORW tient à faire le point et à corriger des informations diffusées dans la presse, notamment dans La Meuse du mercredi 29 août 2012.

 

Des rumeurs persistantes à propos d'un projet de fusion entre l'ORW et l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège sont ainsi à nouveau mises sur la place publique. « Rumeurs au parfum de déjà vu puisque en 1991 déjà, le projet commandé à un certain Xavier Dupuis (un chercheur français spécialisé dans l'économie de la musique) avait été divulgué avant que lui-même se déclare personnellement intéressé par le poste », rappelle Marc Tissons, délégué ORW SETCa-Liège. Cette fois la chronologie est inverse : Jean-Pierre Rousseau, déjà directeur de l'OPRL, a posé sa candidature pour l'ORW en 2005. Éconduit, il a ensuite continué, à développer et promouvoir discrètement son projet auprès d'une partie du monde politique.

 

Mais mis à part l'ambition de l'un ou de l'autre, les raisons objectives qui plaideraient pour une fusion restent à trouver, car aussi bien les champs d'action, que les publics de l'Orchestre Philharmonique et de l'Opéra Royal de Wallonie diffèrent profondément.

 

Et Marc Tissons d’énumérer les idées fausses qui circulent

 

Première idée fausse : il y aurait des instrumentistes utilisés « une fois ou l'autre » engagés à temps plein dans les deux orchestres. Une idée approximative et qui tient surtout du fantasme. Certains répertoires peuvent solliciter moins d’instruments que d'autres, mais ils doivent rester l'exception dans les programmations choisies par les directeurs, si on veut continuer à rencontrer les attentes du public et prétendre au niveau des meilleurs ensembles internationaux. C'est aussi pour parvenir à l'excellence que chaque musicien permanent est engagé sur concours international et sélectionné parmi des dizaines de candidats du monde entier. A noter, qu'il faut déjà compter sur la réputation de nos institutions pour attirer les candidats valables, car les salaires des musiciens en Wallonie sont peu attractifs, même par rapport à des pays limitrophes comme la France ou l'Allemagne.

 

Deuxième idée fausse : y aurait en Wallonie deux ensembles similaires de musique classique qui remplissent grosso modo la même mission. L'OPRL est un orchestre symphonique d'environ 95 musiciens, avec son administration (une vingtaine de personnes), son répertoire de concert et sa programmation spécifiques. Alors que l'ORW est une maison d'opéra, dont l'orchestre n'est qu'un des rouages, essentiel, mais indissociable du spectacle qui se déroule sur la scène. Les musiciens de l'orchestre ne sont d'ailleurs pas le coût principal de l'Opéra : ce

 

sont d'abord les artistes invités et maîtres d’œuvres, puis viennent la soixantaine de membres de l'orchestre, ensuite les 36 choristes, et chacun des autres services indispensables à l'activité : ateliers, technique, communication, régies, sécurité, direction etc. L'ORW occupe en moyenne 250 à 300 personnes, dont 200 de manière permanente. Les coûts en matériel (dont les décors et costumes) sont considérables également.

 

Troisième idée fausse : avec 14,6 millions d'euros, l'ORW bénéficie du plus gros subside alloué par la Ministre de la Culture : le dire, c'est oublier la RTBF avec son subside de 218 millions. Or tout comme les subsides de la RTBF sont proportionnels à la mission et au fonctionnement d'une télévision de service public, ceux de l'ORW sont à comparer à ceux d'une maison d'opéra. En l’occurrence, il s'agit de la maison d'opéra la moins subventionnée de Belgique, avec environ trois fois moins de subsides que La Monnaie à Bruxelles, et encore beaucoup moins que d’autres opéras, en France notamment.

 

Après ces mises au point, Marc Tissons conclut : « Avec les 1,8% de progression de subside 2012 finalement consentis à l'ORW par la Ministre (alors que le budget total « culture » du Ministère progresse de 4%, après ajustement budgétaire), les travailleurs de l'Opéra, dont l'effectif a chuté de 10% depuis 2008, ne sentent pas vraiment soutenus. D'autant moins que le Ministère annonce vouloir « maintenir la ligne » pour 2013. »

 

Ces rumeurs arrivent dans un contexte particulièrement tendu puisque cela fait maintenant près de deux ans que la concertation sociale au sein de l’ORW est problématique. « Malgré de nombreuses actions des travailleurs, dont la plus forte fut une grève lors de la première de l’Opéra Manon le 14 juin 2012, aucune réelle avancée n’a pu être faite. Il semble que l’approche de l’inauguration de l’Opéra rénové après trois ans de travaux et la perspective d’une nouvelle action des travailleurs à cette occasion, fasse enfin réagir le président du CA. » souligne Patrick Masson, permanent SETCa-Liège, qui conclut : « Nous espérons donc que la rencontre prévue ce mardi matin permettra de trouver une solution à long terme et de répondre aux interrogations du personnel »

 

Contacts :      

Julien Dohet, conseiller en charge de la communication SETCa-Liège : 0478/57.28.96

Patrick Masson, Secrétaire permanent SETCa-Liège : 0476/42.21.21

Marc Tissons, Délégué ORW SETCa-Liège : 0486/68.10.17