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Restructuration chez Proximus : plus de 1.500 emplois menacés dans les call centers

 

La restructuration chez Proximus a également des conséquences pour les nombreux collaborateurs des call centers travaillant pour le compte de l’entreprise de télécoms. Que va-t-il advenir d’eux ? Ce sont plus de 1.500 personnes qui travaillent directement pour Proximus dans différents call centers de notre pays comme Mifratel, Ikanbi, IPG, B-connected, Call Excell et d’autres centres d’appel plus petits. Ces travailleurs se trouvent quoi qu’il en soit dans une position particulièrement vulnérable, étant donné qu’une grande partie d’entre eux sont occupés dans les liens d’un contrat d’intérim.

 

Une restructuration qui accentue encore le dumping social

 

La restructuration chez Proximus ne peut être une excuse pour intensifier encore plus la compétitivité dans le secteur. Les call centers sont sous pression dans notre pays. Les clients-donneurs d’ordre en demandent toujours plus pour un prix toujours plus serré. Ainsi, le prix moyen de facturation des services est passé de € 40/h à € 28/h en 15 ans. Quant au système de facturation, il est passé d’une facturation au mois à un prix par appel, majoré ou minoré en fonction des résultats. Pour les travailleurs, cette course au low cost a de lourdes répercutions sur les conditions de travail et de rémunération.

 

Cadences infernales, objectifs (parfois irréalistes) à atteindre, contrôle de performance permanent, horaires difficiles et contraignants, flexibilité, contrats précaires… Avec de telles conditions de travail, il ne faut pas s’étonner du haut niveau de stress des travailleurs des call centers. Pour donner un exemple, chez Mifratel, pas moins de 40% des collaborateurs travaillent pour Proximus avec un contrat temporaire ou d’intérim.

 

Les call centers offrant les conditions de travail les moins bonnes sont en fait avantagés sur le marché. Dès que les syndicats améliorent les conditions de travail dans un centre d’appel, d’autres acteurs apparaissent sur le marché et cassent les prix. Cela a aussi pour conséquence directe un recours de plus en plus fréquent à l’externalisation/à l’outsourcing à l’étranger. Dans des pays où les conditions de travail sont encore plus mauvaises et où les travailleurs sont encore plus contraints d’être hyper-flexibles.

 

Proximus a annoncé sa volonté de revoir les contrats avec les call centers externes. Dans sa communication, le management se prononce explicitement en faveur de la délocalisation (near- et offshoring) des activités de call center. Aux sous-traitants de s’y atteler ! Proximus encourage donc davantage le dumping social. L’État belge est actionnaire principal avec 53%. Le gouvernement actuel soutient ce management, alors qu’il n’a que « jobs, jobs, jobs ! » à la bouche !

 

Une protection également pour les travailleurs des sous-traitants

 

Cette restructuration aura inévitablement un effet sur le marché dans lequel se trouvent les call centers.

 

Les travailleurs de ces call centers, souvent dans des situations précaires, doivent également être protégés, tout comme le propre personnel de Proximus. Le SETCa n’acceptera en aucun cas des licenciements secs. Il est inacceptable que ces travailleurs soient eux aussi victimes d’un mauvais management (des entreprises de call center proprement dites et de Proximus) ou que l’actionnaire principal, le Gouvernement, laisse faire sans réagir.

 

Le SETCa interpelle le ministre de l’Emploi Kris Peeters

 

Le SETCa interpelle dès lors le ministre Peeters quant à la responsabilité de Proximus envers les soustraitants et au maintien des emplois en Belgique.

 

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