Ensemble on est plus forts

SETCa Liège

Un mot de bienvenue

      

Renoncer n’est pas une option

 

Cette rentrée sociale, comme toutes les rentrées sociales depuis la mise en place du gouvernement antisocial, s’annonce agitée avec des annonces multiples. Pas toujours évident de s’y retrouver. D’où cette mise au point en guise d’éditorial de notre site Internet

 

Le MR trahit ses valeurs et sa parole

Au-delà des effets d’annonce dont il est friand, les faits sont tenaces. Depuis 2014 le gouvernement dirigé depuis Anvers a tenté d’appliquer méthodiquement son programme en faveur des plus nantis de notre société. Un programme qui passe par la destruction des conquêtes sociales du monde du travail, le seul réel créateur des richesses. Un programme qui ne peut être mis en place que grâce à la complicité du MR, seul parti francophone qui, on ne le dira jamais assez, représente une minorité au sein de son rôle linguistique et a trahi ses propres électrices et électeurs en ne respectant pas son engagement de campagne de ne pas gouverner avec la NVa

Les organisations syndicales, la FGTB en tête, ont réagi immédiatement avec un mouvement d’ampleur qui gagnait en puissance fin 2014. Ce mouvement, marqué par deux jours de grève générale, a été suspendu début 2015. Bien que fortement discutée en interne, cette décision était guidée par le soucis des organisations syndicales de respecter le système de concertation sociale qui a garanti la prospérité de notre pays, et surtout sa cohésion sociale, depuis plus d’un demi-siècle. La sincérité et la volonté de travailler au bien commun n’était cependant pas partagée par un patronat arrogant qui se savait soutenu par la nouvelle majorité gouvernementale. Comme il l’avait déjà fait envers ses électrices et ses électeurs, le MR a renié sa parole et a fait fi de la concertation sociale pour avancer à la remorque de la NVa. Depuis 2015, en plus de sa parole, ce sont mêmes ses valeurs les plus profondes que le MR a renié avec le dossier de la migration en point d’orgue. Relisez les propos fermes de Louis Michel lors de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche et comparez les avec les nombreux pseudos recadrages du secrétaire d’état à la migration par le premier ministre Charles Michel illustre l’ampleur des reniements du MR dans le seul but d’être au pouvoir.

 

Le gouvernement détricote NOS conquêtes sociales

Depuis, la concertation sociale est à l’image des villages Potemkine. Une belle illusion qui présente bien mais dont la réalité est tout autre. La réalité, c’est un gouvernement passe plats du programme de la FEB. Petit rappel :

  • -        Attaque en règle sur les pensions, tant au niveau de l’âge que des montants.
  • -        Attaque en règle sur les travailleurs âgés et sur les diverses mesures qui permettaient de décélérer en fin de carrière.
  • -        Attaque en règle sur les travailleurs privés d’emplois, y compris les travailleurs âgés, coincés entre une dégressivité accélérée d’allocations déjà sous le seuil de pauvreté et des contrôles bien plus rigoureux, réguliers et sévères que ceux effectués contre le travail au noir et la criminalité financière (expression plus correcte que fraude fiscale).
  • -        Attaque en règle sur les salaires avec des sauts d’index, la menace sur les barèmes…
  • -        Attaque en règle sur l’ensemble des services publics tant au niveau des conditions de travail que des services rendus à la population.
  • -        Attaque en règle contre toutes les formes de contre-pouvoir (professeurs d’universités, associations citoyennes, mutuelles… et organisations syndicales avec une volonté de criminaliser celles et ceux qui résistent).
  • -        Attaque en règle contre les femmes, particulièrement touchées par les mesures antisociales auxquelles il faut ajouter le dossier de l’IVG.
  • -        Attaque en règle contre les migrants en favorisant à l’occasion un climat raciste malsain.

 

Face à ses attaques en règle, le SETCa Liège-Huy-Waremme n’est pas resté inactif et sans réactions. Nous avons, avec la FGTB et souvent les autres organisations syndicales, multipliées les actions. On peut déplorer l’aspect trop souvent « saute-mouton » de celles-ci et l’absence d’un réel plan ambitieux et lisible. Mais nous devons aussi constater que sur des dossiers importants portés par des ministres MR, une dimension non négligeable, nous avons freiné voire fait reculer le gouvernement. Citons notamment la pension à points, la définition des métiers pénibles et la question des visites domiciliaires. Et au niveau wallon le dossier des milliers d’emplois menacés par le projet de réforme des points APE.

Ce bilan est-il satisfaisant ? Bien entendu que non. Nous devons reconnaître cette réalité en face.

Ce bilan est-il définitif ? Bien entendu que non. La législature n’est pas finie. Et des mesures prises par un gouvernement peuvent être remises en cause par le suivant.

C’est pourquoi, derrière les déclarations du président de la FGTB Robert Verteneuil dès avant l’accord gouvernemental de l’été, nous continuons à plaider pour une réaction sociale forte. Dans les rues de Namur le jeudi 20 septembre et par un appel à la grève le mardi 2 octobre. Un appel à la grève fait à Liège mais qui n’est pas un message d’isolement ou de replis. Il est au contraire un encouragement à durcir le ton et à élever la réaction à la hauteur des attaques subies. Nous plaidons donc clairement pour que le 2 octobre soit suivi d’un plan cohérent ayant non seulement comme objectifs d’empêcher la casse sociale, mais aussi et surtout d’appuyer les revendications syndicales à la veille de la négociation d’un nouvel Accord Interprofessionnel.

Notre organisation syndicale ne s’occupe pas de politique partisane. Mais elle s’occupe de la politique qui a des impacts sur la vie quotidienne de ses centaines de milliers d’affilié·es.

Renoncer ou se taire, jamais. Car celle et celui qui ne lutte pas à déjà perdu.

 

Françoise Bernard, Secrétaire Générale