Ensemble on est plus forts

SETCa Liège

Un mot de bienvenue

      

Tout travail mérite salaire.

 

En Belgique, notre système barémique repose sur une assise solide fruit de la concertation sociale. Les conventions collectives sectorielles sont les garantes de notre rémunération.

Il y a quelques années, afin d’être en conformité avec une exigence européenne, nous sommes passés d’un système basé sur l’âge (jugé discriminatoire) à un système basé sur l’expérience ou sur l’ancienneté. 

Ce système est le plus juste et le plus cohérent. Il permet à chacun d’être rétribué à sa juste valeur. Ce mode de rémunération est transparent, reconnu et soutenu par les travailleurs : pas question d’y toucher.

De plus, les barèmes liés à l’expérience ou à l’ancienneté constituent un facteur protecteur contre licenciement.  Plus vous avancez dans la grille, plus rarement vous serez licencié.

 

Et voilà qu’aujourd’hui, une fois de plus, ce gouvernement veut nous reprendre cette matière et en faire un système qui se baserait sur la compétence et la productivité.  Autrement dit, nous passerions d’un système collectif à un système purement individuel.

La conséquence c’est que demain, les relations entre les travailleurs au sein des entreprises vont se dégrader, qu’on va opposer encore davantage les salariés entre eux et que la compétition sera encore plus féroce.

Ce sera le monde du chacun pour soi dans l’entreprise et la part belle à l’arbitraire.

 

Quatre contre-vérités

 

Que le système coûte cher surtout pour les travailleurs âgés : c’est faux.

Aucune étude, aucun fondement scientifique ne démontre qu’un travailleur stagne ou régresse à partir d’un certain âge par contre, l’expertise ou l’expérience sont des atouts indéniables pour les travailleurs.

 

Que le système court tout au long de la carrière : c’est faux.

Les grilles barémiques sont limitées en moyenne à 22 ans de progression automatique. C’est donc en général vers 45 ans que la progression salariale n’est plus d’application, on ne peut donc dire qu’elle est un frein à l’embauche des plus de 50 ans. 

 

Que le système serait responsable du faible taux d’emploi des plus âgés : c’est faux.

D’autres éléments que les salaires jouent un rôle crucial, notamment la combinaison entre travail et vie de famille et l’accès limité à la formation. Nous constatons aussi que ce sont le plus souvent les ouvriers qui quittent plus vite le marché du travail alors que les augmentations liées à l’ancienneté, certes existent également chez eux, mais sont plus rares.  Les employés, surtout les plus hautement qualifiés, travaillent plus longtemps alors que leur tension barémique est la plus élevée. Cherchez l’erreur.

 

Que les systèmes variables existent : vrai mais nuance d’importance.

Oui, mais ils se superposent aux barèmes sectoriels, ils vont au-delà, on peut avoir plus mais jamais moins.  Ici clairement, le gouvernement veut s’attaquer au socle minimal des barèmes.  Vous aurez moins au départ et arriverez peut-être à avoir plus mais : combien ?, quand ?, comment ?, pendant combien de temps ? et surtout sous quelle forme ????

 

On peut craindre que les inégalités salariales aillent crescendo, surtout celles que subissent les femmes. Le risque est que cela va clairement s’aggraver. Nous allons pouvoir ressortir les banderoles et calicots « à travail égal, salaire égal ».

 

En clair, l’introduction d’une progression des rémunérations liée au mérite ou à la productivité individualisera la négociation salariale.  Vous vous retrouverez seul devant l’employeur à devoir négocier votre salaire.  Cela vous placera, de facto, dans une position de faiblesse d’autant plus dans les situations de basse conjoncture.

 

Et que faire, me direz-vous :

1.    Nous avons d’ores et déjà réalisé un tract intitulé : « mon barème : mon salaire à ma juste valeur ».  Lisez-le, diffusez-le ;

2.    Nous avons rédigé un argumentaire : lisez-le, diffusez-le ;

3.    Nous avons réalisé une courte vidéo : regardez-là, diffusez-là

4.    Nous avons interpellé les commissions paritaires et le banc patronal afin qu’il nous fassent connaître qu’elles sont leurs intentions en la matière ; Nous attendons les retours

5.    Enfin, agissons, montrons que nous refusons le système arbitraire que le gouvernement veut nous imposer : Portons le badge : pas touche à mon barème.

6.    Et surtout, restez mobilisés, restez à l’écoute, nous ferons bientôt appel à vous.

 

Retrouvez toutes les informations sur cette campagne sur la page du site

 

Françoise Bernard, Secrétaire Générale