Ensemble on est plus forts

SETCa Liège

Un mot de bienvenue

    

La solidarité internationale comme valeur assumée

 

La presse partisane a une nouvelle fois pratiqué l’information anti-syndicale la semaine dernière. RTL-TVi, puis les quotidiens du groupe Sudpress, ont évoqué un voyage de syndicalistes de la FGTB de Liège à Cuba en janvier en des termes laissant entendre que celui-ci était de pur agrément et dans des conditions luxueuses.

Le voyage de syndicalistes à Cuba semble pour une certaine presse devenu un nouveau marronnier (soit un sujet « journalistique » qui revient de manière récurrente) que l’on ressort à chaque veille de premier mai. D’autant plus intéressant que cette sortie se fait à un moment où l’on reparle d’actions contre le gouvernement et que l’on s’approche d’une séquence électorale dont les sondages, à prendre pour ce qu’ils sont, à savoir des indicateurs à un moment donné, suggèrent une possible non reconduction des actuels gouvernements antisociaux. Gouvernements dont les mesures contre le monde du travail n’ont fait que s’accentuer alors que seules les organisations syndicales, et plus particulièrement la FGTB, organisaient une résistance. Si celle-ci n’a pas fait chuter le gouvernement, elle n’en a pas moins freiné certains projets. Le dossier des pensions est à ce niveau un combat loin d’être terminé et ce sur les différents aspects qu’il recouvre. Rendez-vous est pris le 16 mai à Bruxelles !

Mais revenons sur les deux aspects centraux que nous voulions souligner :

1° La solidarité internationale fait partie de l’ADN de notre syndicat. Lutter contre le dumping social n’est pas lutter contre les travailleuses et travailleurs qui sont exploités ici, mais contre celles et ceux qui les exploitent ici et dans leur pays d’origine. Mais aussi lutter pour modifier les lois qui permettent cette exploitation. Une lutte qui doit se mener sur le plan national, mais aussi européen et mondial. Le mouvement ouvrier a depuis ses origines compris que face à un capitalisme mondialisé, il devait lui aussi s’organiser internationalement. C’est même l’origine du 1er mai : la décision en 1889 de faire du 1er mai 1890 et des suivants une journée de lutte pour la réduction collective du temps de travail qui se concrétisait alors par la revendication des 3x8 : 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de repos. Une conquête obtenue en Belgique 30 ans plus tard en 1921. S’organiser par-delà les frontières, par-delà  les différences de culture et de langue n’est pas une chose facile. On le sait d’autant mieux quand on vit en Belgique… mais c’est une nécessité impérieuse à laquelle l’organisation syndicale consacre des moyens que l’on pourrait considérer, non pas comme scandaleusement élevés, mais au contraire ridiculement faibles au regard des enjeux. Des projets de coopération avec d’autres syndicats, des voyages d’études sur la réalité du travail et de la lutte syndicale, des rencontres avec d’autres syndicalistes d’une même branche, le développement de Conseils d’entreprises européens… oui nous sommes fiers d’assumer le fait de consacrer une partie de nos budgets à de tels projets. Le SETCa-Liège recevra d’ailleurs ce premier mai, après une délégation du secteur des soins de santé l’an dernier une délégation d’Inbev Allemagne cette année.

2° La manière dont les médias traitent les organisations syndicales ne peut que nous interpeller. Toujours prompts à détourner le regard du public sur les quelques casseurs au lieu de parler des dizaines de milliers de militant·es qui manifestent. Utilisant un vocabulaire inadapté mais destiné à faire peur comme le maintenant célèbre « preneurs d’otages ». Ou parlant de « grève politique » sans vouloir s’attarder à démontrer qu’effectivement les syndicats font de la politique. Non pour eux-mêmes ou s’assurer une réélection, mais pour défendre l’intérêt de leurs centaines de milliers d’affilié·es. Face à la réalité de médias à l’actionnariat de plus en plus concentré ce qui, au-delà de l’apparente pluralité derrière le nombre de titres, pose la question de la diversité, nous nous devons de travailler à nos propres médias. C’est pourquoi depuis plus de 8 ans le SETCa Liège a décidé de publier son propre trimestriel et de l’envoyer à toutes et tous ses affilié·es. C’est pourquoi nous avons développé un site Internet et que nous pensons à améliorer notre chaine youtube ou à développer une réelle newsletter. Mais au-delà de notre propre section, nous soutenons aussi la réflexion autour de la réalisation par la Form’action André Renard de capsules vidéos à destination des réseaux sociaux ou du changement à venir de Syndicats.

Les chantiers du local au global sont nombreux pour développer une société basée sur l’entraide et la fraternité et non sur la concurrence et l’individualisme. Notre organisation syndicale continuera à lutter pour ce changement de société, allant à contre-courant s’il le faut.

 

Françoise Bernard, Secrétaire Générale