Ensemble on est plus forts

SETCa Liège

Un mot de bienvenue

 

Pour une campagne sécuritaire

 

Traditionnellement, la sécurité est un thème majeur des campagnes électorales. Il est évident qu’au vu de ce qui a marqué la législature qui s’achève, la population attend des gestes plus concrets et plus importants, et ce rapidement.

Ce besoin vital de sécurité n’est pas qu’un sentiment. C’est une réalité à laquelle le monde politique est en devoir d’apporter des réponses fortes, rapides et adéquates.

Comme syndicaliste responsable, soucieuse de l’avenir des affilié·es qui nous font confiance, nous ne pouvons ignorer ce besoin et nous nous devons d’y apporter des pistes de solution que le politique devra mettre en œuvre.

Nous pensons donc qu’il s’agit aujourd’hui, alors que nous ne retournerons normalement plus aux urnes avant 5 ans, de ne pas se tromper dans les choix politique à effectuer. Il est donc primordial que cette campagne aborde non pas des questions périphériques ou des petites phrases ronflantes mais se concentre sur le sujet principal d’inquiétude, à savoir la sécurité.

 

Qu’est-ce que la sécurité ?

 

Résoudre cette délicate question, c’est prendre le mal par la racine, c’est aller au cœur de ce mal qui crée une insécurité galopante.

Car qui peut réellement penser qu’une mère célibataire travaillant à temps partiel dans le commerce puisse se sentir en sécurité ?

Car qui peut sincèrement penser qu’un·e jeune terminant ses études avec comme perspectives quelques jours de travail en intérim, ou au mieux un CDD de quelques semaines, puisse se projeter sereinement dans l’avenir ?

Car qui peut honnêtement penser qu’une travailleuse ou un travailleur épuisé·e par un burn-out et sous la menace d’un parcours de réintégration pour absence de longue durée va sereinement pouvoir continuer à guérir ?

Car qui peut soutenir ouvertement qu’une population qui voit l’ensemble de ses services publics être sous-financés voire fermés peut se sentir en sécurité si elle sait que les pompiers pourraient ne pas être en mesure d’arriver à temps en cas d’incendie ou que les services hospitaliers sont de plus en plus éloignés du domicile en cas d’urgence ou encore qu’il faille des mois pour avoir un rendez-vous médical avec un spécialiste ?

Car qui peut envisager que l’accès à la culture, à des crèches, à un épanouissement socio-culturel sera maintenu si les emplois dans tous ces secteurs du non-marchand et du secteur public disparaissent faute de subventionnement public ?

Nous pourrions ainsi multiplier les exemples montrant que la première sécurité est celle liée aux conditions de vie matérielle. Nous pourrions parler logement, prix de l’eau et de l’énergie, coût et accessibilité des transports, sous-financement de la justice accentuant son caractère de classe… La liste est longue des outils mis en place au fil du temps pour réduire au mieux les inégalités sociales. A l’heure où on parle de « vulnérables » ou de « débrouillards » pour qualifier les pauvres et qu’on mène plus une lutte contre celles-ci (car ce sont majoritairement des femmes) et non contre la pauvreté, il est plus qu’urgent que l’agenda politique se recentre sur la manière de garantir à l’ensemble de la population une sécurité d’existence digne d’une démocratie du 21e siècle dans un des pays les plus riches de la planète ! Nous n’inventons rien. C’est le concept de la sécurité sociale, notre cathédrale à nous, dont le nom dit bien quel est l’objet. Et dont un des objectifs était ainsi rappelé par Léon-Eli Troclet : « Au point de vue socio-économique, on ne s’est plus trouvé en présence de “travailleurs au rabais” qui, en raison de leur imprévoyance ou de leur non-assurance, étaient toujours prêts à accepter n’importe quel emploi à n’importe quelles conditions ». Aujourd’hui, nous devons poser le constat que cet objectif n’est plus atteint.

 

Notre programme sécuritaire

 

Mais des solutions existent. En voici quelques-unes.

Une augmentation du salaire minimum à 14 € de l’heure / 2300 € par mois. En brut évidemment, comme toute réelle augmentation salariale, afin de continuer à financer la sécurité sociale.

Un relèvement de l’ensemble des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté.

La sécurisation des emplois par un surcoût pour l’employeur qui a massivement recours à l’intérim et aux CDD, de manière à favoriser le contrat à durée indéterminée, seul à même de permettre de se projeter dans l’avenir.

La lutte contre le travail à temps partiel subi, largement majoritaire aujourd’hui, par la concrétisation d’une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauche compensatoire.

L’investissement dans les services publics, seuls à même de garantir l’universalité des services rendus.

Une loi pour garantir que la totalité des financements publics dans le secteur non marchand soit consacrée à la mission sociale pour laquelle ils ont été accordés.

Une planification économique pour assurer les transitions nécessaires vers une économie respectueuse de la planète.

La révision en profondeur de la directive européenne sur le « détachement », la mise sur pied d’une agence européenne d’inspection sociale et l’harmonisation vers le haut des législations sociales et fiscales en Europe.

Assurer les rendements boursiers et les dividendes à deux chiffres pour les multinationales ne doit pas être la priorité des divers gouvernements. La priorité doit être d’assurer la sécurité de l’ensemble de la population. Les niveaux de richesse actuels le permettent largement. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements, poussés par un mouvement social fort, avaient compris qu’il ne fallait pas plonger les peuples dans la misère. En Angleterre, en France, en Belgique… partout en Europe, des systèmes de sécurité sociale ont été mis en place à la fin des années 40, malgré une économie détruite qu’il fallait relancer. Contrairement au dogme de la main libre du marché, c’est bien la socialisation d’une partie importante de l’économie sortie de la logique purement capitaliste qui a assuré la prospérité et la sécurité de nos populations. Une socialisation grignotée depuis une quarantaine d’années, avec des résultats de plus en plus visibles en matière d’explosion de l’insécurité sociale. Ce n’est pas quand il y aura le feu qu’il faudra rebâtir notre cathédrale.

 

C’est pour faire face à ce défi que nous plaidons donc avec force et vigueur aujourd’hui pour une campagne et une politique sécuritaires. Socialement sécuritaires !

 

Françoise Bernard, Secrétaire Générale du SETCa Liège-Huy-Waremme